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Guide pratique sur le coût de la vie en Asie du Sud Est


Après quatre mois passés en Asie du Sud Est, nous avons acquis une bonne connaissance du coût de la vie dans les différents pays traversés. On vous les partage donc afin que vous puissiez gérer à la perfection vos budgets respectifs.

Attention, les différents pays de notre périple sont sujet à des inflations parfois effrayantes (23% en 2011 pour le Vietnam !). Prenez donc avec des pincettes tout ce que vous lirez dans les guides, il faut souvent ajouter aux prix indiqués jusqu'à 50% de surplus !

Nous avons réussi à tenir un rythme moyen de dépenses sur place d'environ 750 euros par mois et par personne pendant notre voyage, transports, logements, nourriture et activités compris. Le Laos est selon nous le pays le moins cher (certains, étrangement, nous contrediront sur ce point) : passer un mois là-bas avec 600 euros en poche sans manquer de se faire plaisir, c'est tout à fait possible. Le Vietnam par contre, avec dès l'entrée un visa à 70 euros, est bien plus cher. Le pays est grand et des excursions à Sapa ou à la Baie d'Halong plomberont votre budget, visez plutôt là 850 euros [bien qu'il ne soit pas impossible de viser bien plus bas si l'on exclut les activités encadrées et les transports vers les zones reculées]. 

Avec un budget comme le nôtre, on ne se privait pas de manger et de faire de petites courses de temps en temps. On logeait en moyenne pour 13 euros par nuit pour une chambre de deux. Nous nous sommes même permis quelques craquage restaurant quand la nourriture européenne venait à nous manquer trop fort. Pour les transports (sans compter les locations de moto), comptez 450 euros par personne pour notre itinéraire en utilisant bateau - bus - train - taxi - tuktuk. C'est sans doute dans ce domaine où il faut être le plus vigilent au niveau des arnaques, il faut être calé en négociation. Sur un long voyage, on peut facilement gagner 100 euros par personne en ne lâchant rien !

En vrac maintenant, quelques indications sur le coût de la vie entre novembre 2012 et mars 2013 en Asie du Sud-Est :
  • Commençons par un point qui nous aura coûté plus de 150 euros (hors frais locaux) et qu'on aurait pu éviter facilement ! : les frais de retrait. Renseignez vous dans votre banque. La mienne, BNP Paribas Fortis, me facturait quel que soit le montant retiré au minimum 5 euros. Dans certains pays comme au Vietnam et au Laos, les sommes maximales dans les ATM sont très petites, ça plombe donc vite le budget. En Thaïlande, allez dans les ATM de la banque Aeon, ils ne demandent pas les 150 bahts (4 euros) que les autres banques du pays vous réclament.
  • La bière ! Au Vietnam, elle est très bon marché, une Saïgon de 630ml pour 35 centimes d'euro, c'est possible ! En Thaïlande, par contre c'est la "ruine", comptez 1,5 euros pour une Chang de 333ml. Au Laos, comptez 1,20€ la Beerlao de 630ml et au Cambodge, c'est middle.
  • Loger au Laos dans des bungalows est très bon marché, en moyenne 5-6 euros pour deux personnes.
  • Trouver un bon établissement où passer une nuit dans une grande ville / capitale, c'est plus compliqué et plus cher, on s'approchait là, plus des 20€ par chambre mais en visant un bon quartier.
  • Quasi impossible de trouver des bons plans qui conjuguent petit prix et qualité sur les îles (mer Andaman) pour loger. En haute saison, il faut facilement débourser 20-25 euros/nuit pour trouver un bungalow correct. Ca fait mal au budget.
  • Le nord de la Thaïlande au contraire ne coûte rien du tout. Vous payerez jusqu'à 4 ou 5 fois moins que sur les îles !
  • On vous demandera pour la location d'un scooter ou moto semi automatique entre 4 et 6 euros, le litre d'essence est aux alentours de 1 euros. Une exception : à Luang Prabang, c'est 10 euros la journée, une véritable arnaque organisée !
  • Pour les mini budgets, préférez le bus au train. C'est souvent du simple au double. Maintenant il faut parfois s'accrocher et c'est moins confortable. Au Vietnam, on a cru mourir dans le bus entre Nha Trang et Ho Chi Minh.
  • Acheter un vêtement d'une marque connue vous coûtera au moins le même prix qu'en Europe, du moins dans un magasin de vendant pas des faux.
  • Manger en rue, c'est le moyen de plus économique de se remplir le ventre. Pour 1 euro, on peut en général trouver son bonheur. Allez dans les food courts des grands malls, là aussi pour on peut se sustenter pour par grand chose.
  • Une carte sim pour téléphoner localement en Thaïlande, ça coûte 2,5 euros pour une heure d'appel. Très pratique pour réserver sa prochaine guesthouse.
  • Smartphones & co sont mois chers en Asie. Economie réalisée de 80 euros sur l'achat d'un mini Ipad. 
  • N'oubliez pas de récupérer les taxes de vos gros achats à l'aéroport avant de partir. 7% en Thaïlande, ce n'est pas négligeable !
  • Si vous n'êtes pas satisfait du service (et que vous pouvez le justifier), plaignez vous, on a pu récupérer de temps en temps de l'argent ou se faire offrir des plats lorsque l'on estimait être dans nos droits. Ce n'est pas parce que vous êtes un touriste que vous devez nécessairement passer pour un con.
En conclusion, l'Asie est encore très bon marché même si les prix ont tendance à fort augmenter ces derniers temps. Pour les petits budgets, cela restera l'idéal encore quelques années !







Petit bilan en Je de quatre mois si loin de vous.


Durant quatre mois, j’ai vécu à un rythme fou.

J’ai eu le souffle coupé face à des paysages d’une profondeur infinie, perchée sur ce qui m’a semblé être le sommet d’un monde - plus l’on voit loin, plus mon cœur s’emballe, plus le temps se fige. J’ai été fascinée par les couleurs changeantes du sable glissant dans la mer, de la mer se fondant dans le ciel immense. J’ai été éblouie par la luminosité si chaude de la fin du jour et par celle, froide et intense, de la lune qui n’avait rien à envier à nos lampes de poche oubliées.

J’ai grelotté sur une moto lancée sur les routes aux premières lueurs du jour. J’ai crié mon émerveillement en rentrant de la plage au coucher du soleil sur cette route toute droite qui longeait les rizières, pédalant à toute allure sur un vieux vélo sans vitesses.

J’ai eu des doutes bien vite balayés par la facilité d’oser quand on est loin de tout.

Je me suis sentie bien dans une maison en teck, si vaste et si chaleureuse, où le thé vert et les pastèques tombaient du ciel comme si l’on était des amis. J’ai serré les mains de très jeunes étudiants dans les miennes en leur faisant promettre de tout mettre en œuvre pour réaliser leurs rêves. Les larmes me sont montées au bord des yeux en écoutant dans la nuit cambodgienne ce père de famille parler de sa survie sous le régime de Pol Pot. J’ai cru mourir dans un bus filant bien trop vite vers Ho Chi Minh. J’ai étouffé dans la chaleur moite des ruelles étroites de la vieille ville d’Hanoi. J’ai été écoeurée par les odeurs entêtantes des marchés sombres, sales et surchauffés où le durian se mêle aux pates de crevettes fermentées. Oubliant toute fatigue, je me suis levée avant l’aube pour voir le soleil se lever sur le Mekong où s’affairaient déjà depuis longtemps pêcheurs et marchands.

J’ai rencontré des gens formidables qui ont laissé en moi un goût de folie et d’envie d’en savoir toujours plus. Volontaires, audacieux, indépendants, curieux, altruistes, confiants et heureux, ils m’ont allumé un feu dans le cœur et m’ont laissé, bien longtemps après les « au-revoir », un sourire gigantesque sur le visage. J’ai trouvé dans leurs paroles l’écho des aspirations de mon moi pour lequel j’ai le plus d’affection. Ceux qui m’ont bouleversée d’énergie avaient plus de cinquante ans.

J’ai quelquefois perdu mon sang-froid devant le fossé si grand qui me séparait de la culture de ces gens trop différents de moi. Face à l’incompréhension mêlée d’une profonde fatigue, les larmes ont parfois coulé de mes nerfs en morceaux. J’ai râlé au nom de leur manque de respect, de leur mythomanie, de leur inertie. J’ai râlé contre les russes, les chinois, les français, les italiens et les américains.

J’en ai eu marre du riz, marre des nouilles, marre des fritures et de la sauce soja. J’ai bu des shakes à longueur de temps sans les compter. Je n’ai jamais mangé autant de fruits qu’ici et passerai ma vie de gourmet à tenter de retrouver le goût des avocats, des mangoustans, de la betterave et des tamarins de Chiang Mai, du jus de grenade de Bangkok, de la soupe au potiron de Luang Prabang et des pomelos de Can Tho. J’ai soupiré d’aise en prenant le premier verre de vin et le premier carbo du voyage à Kep après un mois de riz frit et de Saigon beer, en commandant le premier vrai croissant à Vientiane et un carrot cake divin à Ho Chi Minh. J’ai remercié le Laos de faire importer des Petits Ecoliers. J’ai bu trop de bières – mais c’est si bon quand la chaleur d’un jour brûlant retombe doucement. J’ai grimacé à chaque gorgée d’alcool de riz que l’on se devait d’accepter.

J’ai bu un latte brûlant dans le plus joli café du monde. J’aurais voulu emmener sur mon dos une poignée d’endroits où la vie est si douce. J’ai lu des livres formidables et d’autres moins bons. J’ai écouté en boucle alt-J et Jonsi. J’ai (fait) coupé/er mes cheveux trois fois, toujours plus court, toujours un peu raté. J’ai joué à Yahtzee jusqu’à en être dégoûtée.

J’ai partagé ces moments avec un homme remarquable doté d’une patience et d’un humour infinis.

J’ai trouvé le temps long, j’ai trouvé le temps trop court. J’ai dit « On a de la chance », j’ai dit « Quel jour de poisse ». J’ai dit « C’est complètement irréel » en partageant quelques heures hors du temps avec une famille Red Dao des montagnes du nord du Vietnam. J’ai marché dans la brume en disant tous les 500 mètres « We don’t see anything ! a-ny-thing ! ». J’ai (ré)appris la patience et me suis révoltée face à une culture de l’immédiateté, face à un mode de consommation à mille lieues de ce que rêve la grande idéaliste que je suis.

J’ai pris le temps de m’informer, de prendre beaucoup de notes, d’écrire - mais pinceaux et crayons ont été oubliés. J’ai pris énormément de photos puis je me suis lassée. J’ai cessé de m’accrocher à l’objectif pour inscrire dans ma mémoire seule des instants futiles et doux, des paysages fous.

Et maintenant. Je ne sais pas exactement où je vais mais je sais que je suis dans la bonne direction. J’ai des projets plein la tête et n’ai pas attendu d’être rentrée pour commencer à les mettre en œuvre. A présent que quelques heures à peine nous séparent du retour, je ne suis ni triste ni soulagée ; je sais que je ferai en sorte que la suite soit à la hauteur de mes envies.

De mes envies de vivre vivre vivre tant que j’en ai le temps.

Petit bilan chiffré de nos aventures en Asie


Voilà, c'est bientôt la fin. Dans quelques heures on embarque dans notre 747, direction Bruxelles et le froid ! Place maintenant au petit bilan chiffré de notre périple :
  • 122 jours sur place
  • 53 hôtels/guesthouses/homestay
  • Des dizaines de pad thaï, soupes de nouilles et riz sautés
  • 31 jours à moto et plus de 2.500 kilomètres parcourus
  • 210 heures passées dans les transports sur place (sans compter les tuk-tuks et taxi à l'intérieur des villes), ça fait à peu près 9.000 kilomètres et 9 nuits passées dans les bus et trains !
  • 20 types de transports testés
  • Des dizaines de belles rencontres
  • Des milliers de vidéos et photos prises
  • Une dizaine de bières locales testées
  • Plus de 100 fruit-shakes avalés
  • Des dizaines de bananes et d'ananas mangés
  • 732 heures de sommeil à rattraper
  • 12 paires de boules quiès perdues et utilisées
  • 4 sprays anti-moustiques et 5 tubes de crèmes solaires
  • 32 livres lus (pour ceux qui pourraient croire que c'est uniquement Caro, j'en ai lu 14 !)
  • 3 affaires perdues (mon chargeur d'appareil photo, mon maillot sur les îles, olé ! et un pull de Caro fraîchement acheté à Hanoï)
  • 4 kilos perdus pour Caro et 5 pour Greg
  • 1464 piqûres de moustiques
  • 7 tablettes de Malarone ingurgitées
  • 1 nuit malade seulement pour nous deux
  • 9 heures de massage (dont 7 et demie pour Greg)
  • 9 matchs de Manchester regardés à toute heure du jour et de la nuit
  • 14 épisodes de Grey's Anatomy regardés, seule série qu'on avait sur le pc
Et bien sûr des centaines de bons souvenirs en tête ! 

Cambodge : le bilan !

Mieux vaut tard que jamais, plus de deux mois après avoir quitté le Cambodge : petit bilan ! 


Nous sommes arrivés au Cambodge épuisés par le Vietnam où nous avions voulu tout voir et tout faire en un mois seulement (sans pour autant y parvenir, bien évidemment). Quelques kilomètres après avoir franchi la frontière, nous avons senti la bonne vibe qui habitait le pays. Tout semblait plus paisible et calme dans cette campagne parsemée de palmiers et d'habitations traditionnelles en bois sur pilotis. Si les couleurs du sud du Cambodge sont splendides, leur beauté atteint son paroxysme lorsque la lumière de la fin d'après-midi donne au jaune des rizières asséchées un éclat incroyable, contrastant avec le vert des arbres rares, le rouge des pistes et chemins troués et le bleu du ciel immense.

C'est probablement en arrivant au Cambodge que nous avons modifié notre manière de voyager. Plus question pour nous de se presser aux quatre coins de chaque région pour tout voir, nous avons décidé de prendre le temps là où on se sentait bien afin de mieux apprécier le moment présent. Cette optique de voyage, nous l'avons gardée pendant tout le reste de notre périple. Il existe autant de manières de voyager que de voyageurs et, la nôtre, on l'a finalement trouvée davantage du côté du lâcher-prise que dans l'accumulation d'expériences inédites.

Notre itinéraire dans ce second pays s'est concentré autour de quatre grandes étapes : la campagne avec Kep et Kampot, une homestay formidable à Takeo, la capitale Phnom Penh et les temples d'Angkor aux abords de Siem Reap.


Ce que l'on a aimé :

  • La Homestay à Takeo où nous avons pu donner un cours de français à une classe d'étudiants enthousiastes. Le témoignage du père de famille qui s'est livré à nous sur son passé mouvementé.
  • Le stade olympique à Phnom Penh qui s'anime à la tombée du jour.
  • Les merveilles d'Angkor qui, il faut bien l'avouer, ont rendu les temples vus par la suite bien moins impressionnants.
  • Revoir des têtes connues pendant deux jours à Siem Reap.
  • Participer à une soirée d'expats à Phnom Penh.
  • Nos ballades en scooter aux alentours de Kep et Kampot où les bonnes adresses et bons plans sont nombreux (hmmm, la piscine du Vine Retreat, le jardin paisible des Manguiers au bord de l'eau,...).
  • Les "Hellos" tonitruants - rien de moins - et sourires des enfants présents partout sur les chemins des campagnes.

Ce qui nous a moins plu :

  • Le pire trajet de notre voyage entre Siem Reap et Don Det au Laos, on aura mis 30 heures pour 12 heures annoncées, un vrai scandale.
  • Les mendiants mutilés de Phnom Penh essayant de nous arracher une petite pièce.
  • Nous n'avons pas gardé de Phnom Penh un souvenir impérissable.
  • Cette altercation avec un chauffeur que nous avions eu pendant deux jours sur les temples d'Angkor. L'appât du gain et la nécessité pour eux de "garder la face" leur fait se comporter parfois de manière tant impulsive que désagréable. 

Ce que l'on "regrette" :
  • Battambang qui a l'air, au vu de nombreux témoignages, très sympa.

A la lecture du Routard avant le voyage (nous n'avions pas alors réussi pu nous procurer le Lonely), on avait juste envie de skipper l'étape Cambodge au plus vite, une honte de décrire de manière pareille un pays ! Au final, cela s'est révélé être une bonne grosse surprise. C'est au Cambodge que nous avons vu le plus de sourire (la Thaïlande, malgré sa réputation, est à mille lieues de l'égaler sur ce point). C'est d'autant plus beau à voir quand on prend connaissance de toute l'horreur qu'a traversé ce pays très récemment : le régime de Polpot et des Khmers Rouges ont mis à feu et à sang l’entièreté du pays il y a peu de temps. Il semble que le contraste entre cette blessure encore ouverte avec la splendeur du passé d'Angkor a définitivement forgé le caractère du Cambodge d'aujourd'hui qui peine encore à trouver son équilibre.

Angkor


Les temples d'Angkor, on dit qu'il faut les visiter un jour dans sa vie, ça tombe bien, on y est ! Pour l'occasion, on loge à Siem Reap, lieu hautement touristique située à même pas 10 kilomètres des sites à voir. Cette ville ne mérite sans doute pas le détour en soi, mais ça nous fait du bien de manger dans quelques adresses pour étrangers, miam les burger ou autres plats européens. Ca commence sérieusement à nous manquer.


Comme on n'est pas pressé par le temps, on opte pour le pass de 3 jours. Ca peut paraître beaucoup, mais en réalité, c'est juste parfait. On ne se serait jamais cru capable de visiter autant de temples, mais Angkor, c'est au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer ! Il s'agit de dizaines, voir centaines d'immenses constructions réparties sur une surface grande comme le Brabant Wallon (peut-être un peu moins mais vous avez compris quoi).


La magie, c'est que tous ces lieux de cultes sont différents, chaque temple nous propose une architecture, des décorations, une ambiance qui lui est propre, on ne s'ennuie pas une seconde. En 3 jours, on a fait le petit (avec le fameux Angkor Wat) et grand tour et le complexe Roluos.

Si vous passez dans le coin un jour, arrêtez vous absolument ! Choisissez de préférence un autre moment que décembre car pour nous, c'était full people, et bon, faire la queue parce qu'une horde de chinois prennent la pose, c'est parfois énervant.






(Photo de chichinois)

Durant notre séjour à Siem Reap, on n'a pas fait que le site d'Angkor, on s'est aussi fait bien plaisir avec des massages (merci à Caro pour sa surprise) et on a revu des compères belges (Arno, Klopy & Alex) durant deux jours. Très agréable de revoir des têtes connues après plus de 6 semaines loin de tous nos amis et familles.

(Photo de chichinois again)

Carnet d'adresses #2 : Cambodge

Deuxième pays visité, il est temps de vous communiquer nos meilleures trouvailles, du lourd encore une fois !


Kep

La Baraka, située sur le marché aux crabes, c'est là qu'on a bu notre premier verre de vin du voyage (et pour l'instant le seul), il était pas mauvais du tout. Le restaurant est tenu par un français, on en a profité pour prendre deux spaghettis bolo et carbo, miam !

Bon plan obtenu en parlant avec un européen séjournant dans la région depuis 3 ans, le Vine Retreat. Un hôtel situé en plein milieu des plantations de poivre. On a commandé là un shake et ensuite on a demandé l'autorisation pour profiter de leur superbe piscine, un régal, là encore, seule piscine du séjour pour le moment.

A vingt minutes de Kep en bateau se trouve l'île aux lapins, petit coin ultra paisible sur lequel on a passé une agréable journée, attention si vous faites le tour de l'île à pied, ne le faites pas habillés en touriste comme nous !

Kampot

Epic Arts Cafe, sans doute l'une des meilleures adresses du coin pour manger quelque chose de savoureux. La soupe au pumpkin est un vrai régal.

En tant que grand fan de Manchester United, je suis à l'affût de toutes les bonnes adresses pour regarder un match, ouf, on a trouvé le Rusty Keyhole, les meilleures ribs du Cambodge (paraît-il, on a malheureusement pas goûté, mais ça avait l'air awsome). Résultat des courses, City 2-3 United, un vrai plaisir cette soirée !

Pour les backpackers comme nous, c'est toujours sympa de trouver des restaurants de bonne qualité et surtout bon marché. Au Captain Chim's, c'est bon et ça coûte vraiment rien, on y est retourné plusieurs fois, c'est pour dire.

Si il n'y a qu'une adresse que vous devez retenir de Kampot, c'est celle-ci : les Manguiers. Petit coin au bord de la rivière, kayak, bungalow sympa, calme, l'adresse est ultra connue dans tout le Cambodge. A ne pas rater.

Takeo

Un seul conseil - et quel conseil ! - on l'a dégoté via Trip Advisor. A Takeo, il n'y a pas vraiment grand chose à voir mais la Meas Family Homestay est une expérience unique. Rencontre d'étudiants et d'une famille extraordinaire, on a fait le détour et on n'a pas été déçu !

Phnom Penh

L'une des premières réflexions que l'on s'est faite en arrivant là-bas, c'est "waaaw, c'est cher". Phnom Penh n'est pas très bon marché, sans doute en partie à cause du fait qu'il y a ait pas mal d'expatriés dans la ville.

La visite du Tuol Sleng Genocide Museum et des Killing fields vous plonge dans l'horreur du régime de Polpot. C'est là qu'était détenus puis exécutés sommairement chaque mois des centaines de pauvres innocents. L'audio guide (au Killing Fields) propose des témoignages et des récits très émouvants.

The Laughing fatman et the chat'n chew sont deux restaurants situés dans la même rue et qui proposent des plats européens bien cuisinés et qui font du bien ! Spaghet ou cordon bleu, c'est vraiment délicieux.

Stade olympique, allez-y tôt le matin ou au coucher du soleil. Tout Phnom Penh s'y donne rendez-vous pour faire du sport. Très agréable de flâner là et de les voir s'époumoner tous en pleine chaleur !

Siem Reap

Les temples d'Angkor se trouvant à peine à quelques kilomètres, Siem Reap est une ville très touristique et évidemment les prix y sont gonflés. On est loin du vrai Cambodge mais parfois ça fait du bien de retomber dans quelques endroits  formatés pour les étrangers (cfr la fameuse Pub Street).

Blue Pumpkin, en gros le Starbucks-Exki du coin. C'est plutôt cher pour ici mais ça fait tellement du bien. On peut tranquillement se poser dans les immenses fauteilles blancs pour manger une part de quiche lorraine et boire un immense fruit shake.

Khmer kitchen restaurant, c'est là que j'ai mangé le meilleur Amok (spécialité cambodgienne) de tous les temps. Adresse qui nous a été recommandée par un français qui écrit des articles pour des revues gastronomiques.

Si vous voulez un "cosmic massage", il faut vous rendre au Lemongrass. On prendra bien soin de vous dans un cadre reposant et relaxant.

Et l'adresse en carton de Siem Reap est, sans conteste, notre aimable coiffeur anonyme du marché qui, à défaut d'être capable de couper des cheveux, nous a fait bien rire !




Petit conte de Noël à la cambodgienne


Alors que l'on devait être à cette heure ci attablés au bord du Mekong côté Laotien devant un bon petit plat et quelques cocktails, on se retrouve dans une petite ville sans attrait au milieu de nulle part à quelques kilomètres de la frontière.

Les transports par ici, on le sait, sont toujours imprévisibles. Mais, étrangement, après quelques expériences de petits ratés, on a toujours envie de croire que cette fois ci sera différente des autres. C'est donc sans trop nous méfier qu'on a acheté nos tickets de bus vers Don Det (Laos) depuis Siem Reap (et qu'on a payé cher, évidemment). On nous promet un trajet de 10h (on l'estime donc à 12h), un bus dit "VIP" de 45 places avec sièges inclinables et sans changement ainsi que la possibilité de choisir notre place dans le bus (ça, ils le font systématiquement mais, dans les faits, ça n'est jamais arrivé). Résultat : les locaux viennent s'encaquer dans le couloir du bus (des planches posées entre deux sièges font office de banquette) et se collent à deux sur un siège - ils n'ont pas menti : 45 sièges, oui ! mais 70 personnes -, les sièges inclinables sont hors service, Greg n'a même pas la place pour caser ses jambes, des gosses puent et pleurent, le bus doit avoir vingt ans et ils passent Rambo (mal) doublé en khmer au volume maximum. Après cinq heures de route, on est droppé avec six autres touristes sur une route au milieu de nulle part en attendant le bus qui doit nous mener vers le nord (pas de changement hein ils ont dit). Trois quart d'heure plus tard, un mini van nous embarque sur des routes en sale état sur lesquelles il roule vraiment vite, trop vite. On passera plus de six heures à sentir nos organes se décoller un à un au rythme des mégabosses sans air co et dans la poussière, sans véritable arrêt non plus. On sait que la frontière ferme à 17h et qu'il nous sera impossible d'arriver à temps (le trajet est identique tous les jours mais personne n'a cru bon de nous signaler qu'il serait impossible de faire le trajet en un jour). A 18h30, terminus. Nous voilà sur le trottoir d'une ville paumée à parlementer avec un des gars du bus : il ne faut pas nous prendre pour des cons, on a payé nos billets suffisamment chers que pour se faire avoir à ce point là. Pas de solution, le bus suivant arrive demain matin. Levés à 4h30 ce matin, on est épuisé et dégoûté comme jamais par cette expérience, il n'est pas question de payer une guesthouse imprévue. Et puis, c'est Noël quoi. Je craque. Et c'est là qu'un véritable ange gardien surgi de nulle part nous annonce qu'il nous (les quatre naufragés) offre la nuit dans l'hôtel d'à côté, amen.

Voilà comment on s'est retrouvé en ce soir de Noël à manger du riz en sirotant une cannette de bière et de l'eau minérale, à aller dormir à 21h dans notre chambre jaune carrelée avec des cheveux de cambodgien dans la salle de bain, une douche froide et un essuie géant en guise de couverture.

Joyeux Noël les amis !

Et surtout bonne nuit.


Et puis, quelques jours plus tôt, on vous a préparé une petite vidéo à la fin de notre cours de français ;) 


Back to the city : Phnom Penh


Après dix jours dans la campagne cambodgienne, retour à l'agitation d'une grosse ville, Phnom Penh. Premières observations : de nombreux 4x4, des mendiants plus présents, un trafic dense, on est bien dans la capitale du pays, ça se sent. Le soir de notre arrivée, nous participons à une "expat party" sur une immense terrasse située au dernière étage d'un immeuble, la classe. C'est plein de belges et français, on a un bref aperçu de la vie que mènent tous ces gens loin de chez eux.

Sous une chaleur torride, nous avons traversé la ville de part en part pour admirer divers marchés (central & russian market) et visiter le musée du génocide qui nous a fait prendre conscience des atrocités commises sous le régime de Pol Pot. La découverte des killing fileds où étaient exécutés sommairement des innocents fut également un temps fort.

Le moment le plus agréable et surprenant de notre séjour à Phom Penh fut le coucher de soleil au stade olympique. Nous avons pu observer des centaines de cambodgiens pratiquants des activités sportives diverses : football, volley, aérobic, pétanque, basket, une vraie fourmilière.

- Masques gracieusement offerts par notre chauffeur de tuk tuk pour nous éviter de trop manger la poussière -


Meas Family Homestay : Highlight !

Le Cambodge, il faut l'avouer, était le pays qui nous parlait le moins des quatre à visiter. Quelques semaines avant le voyage, je refermais le Routard Cambodge (faute d'avoir déjà mis la main sur le Lonely) avec l'impression qu'y accorder un mois serait finalement une grave erreur. A le lire, j'en avais tiré la conclusion que la visite de ce pays - Angkor mis à part - était déprimante, qu'il n'y avait que très peu de sites justifiant le détour et, qu'avec un peu de chance, on choperait la malaria au passage. Et je me suis mise à regretter notre choix.

Mais le Cambodge, le Cambodge ! Après presque deux semaines de vadrouillage à coups de scooter, de tuk-tuk et de vélo, on a déjà une foule de souvenirs fous de ce pays extrêmement touchant du fait de son passé lointain et proche, à la fois étonnamment glorieux et tristement dramatique.



Et pour saisir véritablement toute la mesure des effroyables années qu'a traversées le peuple cambodgien, il nous a fallu rencontrer une famille extraordinaire. Ayant renoncé à Sihanoukville et ses jolies îles, il nous restait du temps devant nous et, en souvenir du séjour dingue passé dans une famille des montagnes du nord-ouest vietnamiens, on s'est retrouvé à chercher une homestay entre Kep et Phnom Penh, dans la province de Takeo où les touristes ne s'aventurent pas ; la zone quoi. C'est comme ça qu'on est finalement arrivé le 13 décembre chez la (grande) famille Meas dans une propriété au calme bienvenu au beau milieu des rizières. On passera ces quelques jours avec deux amis néo-zélandais, Jono et Lance, voyageant à travers l'Asie chacun de leur côté. Siphen, la maman, est d'autant plus heureuse de nous accueillir que sa fille de 21 ans étudie actuellement pour un an en Belgique (cette année, seules vingt bourses Erasmus ont été octroyée pour un total de dix pays asiatiques, autant dire que c'est un exploit). Tandis qu'elle enseigne la journée au lycée (highschool) local, elle a monté une association qui permet de préparer les étudiants bénéficiaires à entrer plus tard à l'université. De 16h à 18h, du lundi au samedi (parfois même le dimanche), une trentaine de kids âgés de 14 à 18 ans se rassemblent après les cours pour une leçon d'anglais, essentiellement.

Dès le jour de notre arrivée, on fait connaissance avec ces incroyables ados contents de pouvoir échanger quelques mots d'anglais avec des étrangers. Ils veulent devenir médecins, infirmiers, ingénieurs ou encore "manager in a bank" et travaillent avec énormément de sérieux pour se donner une chance d'y parvenir. Le lendemain, à leur demande, on improvise un cours de français. D'abord sur le coin d'un tableau avec un petit groupe de quatre étudiants, je me retrouve rapidement avec plus d'une vingtaine de têtes devant moi qui s'appliquent à tout recopier dans leurs cahiers. Pendant ce temps, Greg donne dans le cours particuliers estampillé "Joyeux Noël et Bonne année" entouré d'un groupe plus restreint. Wahou, c'était dingue ! Et lorsqu'il commence à faire noir, c'est l'heure des au-revoirs qui sonnent dans leurs voix comme de petits adieux tristes et sincères et on se retrouve à serrer dans nos bras chacun à leur tour ces petites boules d'énergie et d'amour tellement volontaires et lucides malgré, quelquefois, le manque d'assurance qui leur passera avec l'âge.







L'autre séquence émotion du séjour, c'est Mach, le père, qui nous rejoint tous les quatre un soir après le repas pour nous raconter les décennies extrêmement difficiles qu'il tente de laisser derrière lui. Depuis les débuts de la guerre civile en 1970, sous l'influence de la guerre du Vietnam, jusqu'au régime de Pol Pot (1975-1979), les années de terreur sous l'oppression des Khmers rouges et les gouvernances chaotiques qui ont traîné le pays dans l'horreur et la misère la plus effroyable jusqu'à la fin des années 90, les cambodgiens semblent se relever à peine, à l'échelle du temps, d'atrocités difficilement concevables pour nous, occidentaux, pour qui la notion de guerre appartient tellement au passé. Mach, qui n'a jamais connu la date de son anniversaire, nous a confié sa persévérance (il était enseignant à l'heure où l'on exterminait les intellectuels, même les professions un tant soi peu liées à la question de l'éducation), sa survie et ses espoirs de voir son pays avancer enfin vers un avenir plus juste. Pour autant, il sait que les vrais bénéfices ne pourront être perçus que par la génération suivante mais il continue de s'investir pour que ces espérances adviennent un jour. Un moment vraiment fort..






Kep & Rabbit Island

Située à quelques kilomètres à peine du poste frontière Xa Xia-Prek Chak et réputée pour la qualité de son poivre, la petite ville de Kep (davantage une route agréable bordée de guesthouses et de petits restaurants  qu'une ville à proprement parler) nous a immédiatement séduits par sa coolitude. Ici, la vie est paisible, les gens souriants et il suffit de faire deux kilomètres sur une route sans trafic pour se retrouver en pleine campagne. 




Dès notre arrivée à la guesthouse (Brise de Kep), on fait la connaissance avec un français résidant à Kep depuis quelques années qui nous refile ses bons plans avec plaisir. Résultat, sur le chemin des plantations de poivre, on s'arrête pour boire un fruit shake (boisson magique qu'on s'enfile à longueur de voyage) à la pension Vine Retreat isolée au milieu des plantations. Ce choix n'est pas tout à fait désintéressé puisque ce n'est bien sûr qu'un prétexte pour profiter de leur magnifique piscine, déserte à ce moment là.


On a également passé un jour sur Koh Tonsay, dite Rabbit Island, à un quart d'heure de bateau de la côte. Comme on n'est pas du genre à dormir sur la plage toute la journée, on entreprend de faire le tour de l'île par le chemin qui en fait le tour. Toutefois, on s'aperçoit rapidement que le chemin tient davantage d'un passage étroit se faufilant entre les herbes hautes que d'un véritable chemin aménagé. Plus on avançait, plus on se perdait, plus on se faisait piquer par des bêtes invisibles, plus on se faisait griffer par les arbres, plus on se prenait les pieds dans les racines et plus on pressait le pas pour rejoindre au plus vite la plage principale. En tongs et jambes nues, le résultat (après 1h30 de marche intensive) n'était pas joli joli à l'arrivée. Au final, on aura vu quelques plages sympas bien qu'envahies par une foule de mini-crabes (l'occaz de jouer à touche-crabe, jeu dont Greg détient la paternité) et bordées de déchets.